Courir plus vite. Sauter plus haut. Développer sa puissance, son endurance et sa technique.

Pendant longtemps, la préparation sportive s’est principalement concentrée sur ces dimensions physiques. Pourtant, derrière chaque mouvement performant se trouve un autre acteur essentiel : le cerveau.

Sur un terrain, l’athlète ne doit pas seulement être rapide. Il doit voir, anticiper, filtrer l’information pertinente, maintenir son attention, prendre une décision et déclencher une réponse motrice, parfois en quelques fractions de seconde.

C’est particulièrement évident dans les sports rapides et collectifs comme le volleyball, le hockey, le soccer ou le basketball.

La question devient alors intéressante : peut-on aussi entraîner certaines capacités perceptivo-cognitives impliquées dans la performance sportive?

Les neurosciences du sport commencent à apporter des éléments de réponse.

La performance commence avant le mouvement

Imaginez une joueuse de volleyball en réception.

Avant même que ses jambes ou ses bras ne bougent, son système nerveux doit traiter une quantité impressionnante d’informations.

Elle doit notamment :

  • suivre la trajectoire du ballon;
  • percevoir sa vitesse et sa direction;
  • surveiller le positionnement des autres joueuses;
  • sélectionner rapidement l’information pertinente;
  • anticiper ce qui risque de se produire;
  • choisir une réponse;
  • puis coordonner le mouvement approprié.

Tout cela se produit extrêmement rapidement.

La performance sportive résulte donc d'une interaction constante entre perception, cognition et action.

Les athlètes expérimentés semblent d'ailleurs présenter, dans plusieurs domaines, des capacités perceptivo-cognitives supérieures à celles d'athlètes moins expérimentés ou de non-athlètes. Mais cela ne signifie pas que l'intelligence générale détermine la performance sportive. Les différences observées concernent plutôt certaines habiletés particulièrement sollicitées par l'environnement sportif.

Voir ne suffit pas : il faut sélectionner l'information

Dans une situation sportive complexe, le cerveau reçoit beaucoup plus d'informations qu'il ne peut en traiter consciemment en même temps.

Il doit donc constamment faire des choix.

À quoi dois-je porter attention?

Qu'est-ce que je peux ignorer?

Où dois-je diriger mon regard?

Quel mouvement est probablement sur le point de se produire?

Cette capacité à gérer plusieurs sources d'information devient particulièrement importante lorsque le jeu accélère.

Un athlète peut posséder une excellente condition physique et une technique remarquable, mais devoir malgré tout composer avec une charge cognitive élevée lorsqu'il doit prendre rapidement plusieurs décisions.

C'est précisément ce qui explique l'intérêt croissant pour l'entraînement perceptivo-cognitif dans le sport.

L'entraînement perceptivo-cognitif : entraîner le traitement de l'information

Différentes méthodes sont actuellement étudiées : entraînement visuel, tâches de prise de décision, situations sportives simulées, entraînement stroboscopique, réalité virtuelle ou encore tâches de suivi d'objets multiples en trois dimensions.

Le principe général est similaire : soumettre progressivement le système perceptivo-cognitif à des situations exigeantes afin qu'il s'adapte à la tâche.

Les recherches récentes sur certains types d'entraînement visuel et perceptivo-cognitif rapportent des améliorations de capacités telles que la perception visuelle, la vitesse de traitement de l'information et certaines mesures de performance sportive.

Une méta-analyse publiée en 2025 sur l'entraînement visuel stroboscopique, par exemple, rapporte des effets positifs modérés sur les fonctions cognitives et certaines performances sportives.

Les auteurs soulignent toutefois un élément fondamental : les bénéfices semblent dépendre du type d'entraînement, de sa durée, de la population étudiée et surtout de la proximité entre la tâche entraînée et la compétence que l'on souhaite améliorer.

Autrement dit : entraîner le cerveau ne signifie pas automatiquement améliorer toutes les dimensions de la performance sportive.

NeuroTracker et le suivi de plusieurs objets

Une technologie étudiée dans ce domaine est le suivi tridimensionnel d'objets multiples, ou 3D Multiple Object Tracking (3D-MOT).

Le principe consiste à suivre simultanément plusieurs cibles mobiles parmi d'autres objets identiques, alors que leur vitesse augmente progressivement.

Cette tâche sollicite notamment le traitement visuel dynamique et l'attention distribuée.

Des travaux ont montré que les participants peuvent améliorer significativement leur performance à cette tâche avec l'entraînement.

Une étude expérimentale a également montré que l'entraînement 3D-MOT pouvait être combiné à un entraînement physique à haute intensité, avec une amélioration de la performance perceptivo-cognitive à la tâche entraînée.

Mais une distinction scientifique est essentielle :

devenir meilleur à une tâche cognitive ne prouve pas automatiquement que l'on deviendra meilleur sur le terrain.

Une étude particulièrement intéressante chez des athlètes universitaires

Une étude récente a examiné précisément cette question chez des athlètes universitaires pratiquant le hockey masculin et le volleyball féminin.

Les chercheurs ont comparé les performances de présaison à NeuroTracker avec différentes statistiques sportives obtenues pendant la saison.

Résultat : chez les joueuses de volleyball, les chercheurs n'ont pas observé de relation significative entre le score NeuroTracker de départ et les statistiques de performance sportive analysées.

Ce résultat est important.

Il ne démontre pas que l'entraînement perceptivo-cognitif est inutile. Il démontre plutôt que la performance sportive est beaucoup trop complexe pour être prédite par un seul score cognitif.

La technique, l'expérience, la condition physique, la fatigue, la stratégie, la cohésion d'équipe, le sommeil, le stress et de nombreuses autres variables interviennent simultanément.

C'est précisément pour cette raison qu'il faut éviter de présenter les technologies cognitives comme des solutions miracles.

Le cerveau sous fatigue

Il existe également une autre dimension importante : un cerveau fatigué ne traite pas nécessairement l'information de la même façon qu'un cerveau disponible.

Les recherches sur la fatigue mentale montrent qu'une charge cognitive importante peut influencer la perception de l'effort et certaines composantes de la performance sportive.

Le sommeil joue lui aussi un rôle majeur.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2025 conclut que la privation de sommeil peut détériorer différentes dimensions de la performance sportive et augmenter la perception de l'effort.

Pour l'athlète, optimiser la performance ne signifie donc pas uniquement ajouter de l'entraînement.

Il faut également considérer la capacité à récupérer.

Performance, récupération et régulation : trois dimensions qui se parlent

C'est probablement l'un des changements les plus intéressants dans notre compréhension moderne de la performance.

On oppose parfois entraînement et récupération.

Pourtant, ils font partie du même processus d'adaptation.

L'entraînement crée une sollicitation.

La récupération permet à l'organisme de retrouver ses ressources.

La régulation du niveau d'activation permet quant à elle à l'athlète d'arriver dans un état compatible avec ce que la situation exige.

Un athlète doit parfois augmenter son niveau d'activation pour performer. À d'autres moments, il doit au contraire être capable de ralentir, récupérer et diminuer la charge.

La performance durable ne consiste donc pas simplement à être constamment « activé ».

Elle repose sur une capacité beaucoup plus subtile : s'adapter aux exigences du moment.

Le futur de la préparation sportive sera probablement plus intégré

La préparation physique demeure évidemment fondamentale.

La force, la puissance, l'endurance, la technique et la répétition spécifique au sport ne sont pas remplacées par l'entraînement cognitif.

Mais les neurosciences du sport ajoutent progressivement une autre couche à notre compréhension de la performance.

L'athlète est un système complet.

Son cerveau doit constamment percevoir son environnement, intégrer plusieurs informations, décider, commander le mouvement et s'adapter aux événements qui surviennent.

L'entraînement perceptivo-cognitif pourrait donc représenter un complément à la préparation sportive traditionnelle, particulièrement dans les sports où l'environnement change rapidement.

La science doit toutefois continuer à déterminer quelles méthodes produisent réellement un transfert vers la performance sur le terrain, chez quels athlètes et selon quelle dose d'entraînement.

C'est justement là que la recherche devient passionnante.

Parce qu'entre voir le jeu… et comprendre suffisamment vite ce qui est sur le point de se produire, il y a tout un cerveau à entraîner.


Découvrez l'approche AxoneZEN

Chez AxoneZEN – Studio de neuro bien-être, nous nous intéressons à cette interaction entre récupération, régulation et entraînement cognitif.

Notre approche ne remplace ni l'entraînement sportif, ni l'encadrement des entraîneurs et professionnels de la santé. Elle vise plutôt à offrir des expériences complémentaires inspirées des connaissances actuelles en neurosciences et en sciences de la performance.

Récupérer. Réguler. Performer.


Références scientifiques

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  • Harris, D. J., Wilson, M. R., & Vine, S. J. (2018). A systematic review of commercial cognitive training devices: implications for use in sport. Frontiers in Psychology.
  • Vater, C., et coll. (2021). A critical systematic review of the NeuroTracker perceptual-cognitive training tool. Psychonomic Bulletin & Review.
  • Fleddermann, M.-T., et coll. (2021). The effects of the combination of high-intensity interval training with 3D-multiple object tracking task on perceptual-cognitive performance: A randomized controlled intervention trial. International Journal of Environmental Research and Public Health.
  • Guo, J., Zhao, L., Liu, G., Li, H., & Wu, J. (2025). Stroboscopic training effects on athletic performance and cognitive function across populations, purposes, and skill types: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Frontiers in Sports and Active Living.
  • Wang, R., et coll. (2025). Effects of stroboscopic visual training on reaction time and decision-making ability in athletes: a systematic review and meta-analysis. Frontiers in Psychology.
  • Baseline NeuroTracker performance does not correlate to overall season sport performance in university varsity athletes (2025). Étude menée auprès d'athlètes universitaires en hockey masculin et volleyball féminin.
  • Effects of sleep deprivation on sports performance and perceived exertion in athletes and non-athletes: a systematic review and meta-analysis (2025). Frontiers in Physiology.